L’alchimie est probablement, une des plus ancienne science de l’humanité. Le renouveau qu’elle connaît aujourd’hui est un paradoxe avec le matérialisme mélangé d’incrédulité qui caractérise notre pensée actuelle. Quelle victoire éclatante pour cette discipline dite “empirique”!… Empirique? Pour le seul pays de France, les bibliothèques régionales et nationales regorgent de plusieurs milliers d’ouvrages, manuscrits ou imprimés, dont certains n’ont jamais été traduits en français contemporain ou étudiés. Empirique? Cette véritable science qui donna naissance aux alcaloïdes, sels, acides, bain-Marie, eaux-de-vie et tant d’autres éléments chimiques encore en cours dans notre chimie moderne. l’alchimiste travaille à la transformation de la matière dans un laboratoire. Ce mot en contient deux : laborare : travailler, orare : prier. Les deux termes (thermes = sources) se sont séparés par le temps qui coule : les uns ont gardé la transformation de la matière (chimie), les autres, la prière (Al = Dieu).

L’alchimie a longtemps été confondue avec l’occultisme, la magie et même la sorcellerie. Au mieux, on la réduisait à un ensemble de techniques artisanales préchimiques ayant pour objet la composition des teintures, la fabrication synthétique des gemmes et des métaux précieux. Au siècle dernier encore, Marcelin Berthelot ne voyait dans les opérations alchimiques que des expériences de chimie, dont l’objet principal était la recherche de la synthèse de l’or. Afin d’échapper aux enquêtes de police ou pour masquer leurs échecs, les alchimistes auraient usé d’un langage chiffré dont seuls les adeptes possédaient la clef. On en faisait ainsi soit des faux-monnayeurs soit des imposteurs. La découverte des textes alchimiques chinois, en particulier, est venue ruiner cette conception.

Ces erreurs d’interprétation des textes et cette méconnaissance des doctrines provenaient principalement des difficultés de déchiffrement du langage symbolique des alchimistes. En effet, la lecture de ces traités constituait, à dessein, une épreuve initiatique. Les maîtres ont voulu que leurs disciples mobilisent toutes leurs forces intellectuelles et spirituelles, claires et obscures, pour atteindre à l’illumination. Ceux-ci doivent s’arracher à leur temps et plus encore à eux-mêmes: oublier pour se souvenir. Ils doivent oublier pour retrouver. L’alchimiste considère cette difficulté d’accès comme essentielle, car il s’agit de transformer la mentalité du lecteur afin de le rendre capable de percevoir le sens des actes décrits.

 

V.I.T.R.I.O.L.

Initiales d’une formule célèbre parmi les alchimistes et qui condense leur doctrine: Visita interiorem terrae rectificando invenies operae lapidem,

Selon Kurt Seligman cette doctrine signifie : explore l’intérieur de la terre. En rectifiant, tu découvriras la pierre cachée. C’est la synthèse exprimée des opérations alchimiques, aux divers niveaux de transformation considérés, que ce soit celui des métaux ou que ce soit celui de l’être humain 

Dans l’alchimie il ya une interraction trés forte entre l’opérateur et son oeuvre à ce point que la transmutation n’est possible que pour celui qui a réalisé un véritable travail sur soi.

L’alchimie affirme que tout est conscience, et que l’existence est issue d’une énergie première que l’on nommera la lumière. L’œuvre alchimique résulte d’opérations qui sont plus proches de l’art que de la science, bien que cette dernière et en particulier la chimie fasse maintenant partie du bagage “culturel” de nombreux alchimistes opératifs.

 L’Or  alchimique  est Philosophal, c’est-à-dire que l’objet n’est pas la Pierre mais la quête de la Pierre. Un art de l’évolution qui aiderait l’homme à rassembler pour aller vers l’unité.

 

Le secret de la matière

Percer le secret de la matière n’est pas chose facile, et si ténu est le fil d’Ariane dans les méandres du grand dédale alchimique, que rares sont les élus parvenant à le découvrir, pour protéger leurs travaux et leur vie, les “philosophes de nature” utilisèrent une langue cryptée extrêmement obscure.

Le fabuleux secret est si précieux qu’il doit être à tout prix dissimulé des yeux néophytes et, s’il est parfois nécessaire pour les initiés de s’en entretenir, ce ne sera qu’au travers d’énigmatiques images, allégories, discours métaphysiques et propos équivoques destinés à brouiller les pistes. Prenons, par exemple, les trois éléments d’alchimie les plus usités: le “soufre” désignera l’élément masculin, fixe et actif. Le “mercure” sera l’aspect féminin, volatil et passif. Enfin le troisième: le “sel” ou “arsenic”, qui sera le liant ou lien relationnel ou encore le fruit des deux précédents. Notons aussi que “sel” vient, en alchimie, du mot “sceller”: fermer, mais aussi signer…

Traditionnellement, les alchimistes croyaient que les cieux, le zodiaque, les étoiles et les planètes avaient été les premières choses que les éléments avaient créées, de la matière originelle. Ils ont donc attribué une signification particulière aux planètes. En voici un très rapide résumé : 

Le Soleil : correspond au métal or, qui est le métal le plus précieux. Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être enjoué, optimiste, bonne nature.

La Lune : correspond au métal argent, qui est le deuxième métal le plus précieux. Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être instable, émotif,affectif

Mercure : correspond au métal mercure, qui est liquide et vif, d’où le nom vif-argent. Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être vif, changeant et imprévisible.

Vénus : correspond au métal cuivre,qui est brillant et réfléchissant comme un miroir.  Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être vénusien : aimable, mystérieux.

Mars : correspond au métal fer, qui est ardent et rouge, bon pour l’armement.  Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être belliqueux : agressif, impétueux.

Jupiter :  correspond au métal étain, qui est abondant et bon marché.  Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être jovial et sociable.

Saturne : correspond au métal plomb, qui est lourd et non précieux, un symbole de la tentation et de la matière la plus lourde.  Il rejoint les caractéristiques humaines telle que : être sérieux et dévoué.

 

Chaîne et livre muet

Il semblerait que chaque ouvrage, comme lié à une invisible chaîne, ne puisse qu’éclairer un autre ouvrage qui lui-même contient ce que les autres ne possèdent pas. A ce sujet, le ‘Mutus Liber’ est inflexible: « Lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras ». Ultime et utile conseil contenu seulement à la dernière feuille de ce “livre muet

Le langage des oiseaux

Quasiment tous les écrits alchimiques disponibles aujourd’hui passent sous silence la première phase de l’œuvre, ou alors l’éclairent de descriptions débridées et fantaisistes. C’est le cas pour la matière première, affublée des termes: dragon, pierre des philosophes, mercure, dissolvant… en tous les cas, rien de concret ou d’opérationnel!

Ce handicap est majeur, car même si l’on comprend le processus, il est impossible à mettre en “oeuvre” sans la matière de base. La mise en oeuvre pour rendre “opérative” cette matière primordiale passe par des épreuves symbolisant les 7 travaux d’Hercule et s’achevant par la conquête de la toison d’or des “Philosophes de science”.

 Il faut effectivement la patience, la persévérance, la motivation d’un “hercule” pour accomplir les travaux à travers les premiers processus, qui ne peuvent se réaliser sans la connaissance entière des éléments de base, tels que les quatre bases primaires: Eau > Aqua, Terre > Terra, Air > Aer et Feu > Ignis… Ils s’opposent deux par deux pour former la ‘Croix d’Éléments’ appelée ‘Contraria’!

Il n’est pas simple, de prime abord, de comprendre le procédé de captage, en quantité nécessaire de l’Esprit Substantiel’, sans lequel rien ne saurait être entrepris… qui ne soit l’Art Royal! Cet “esprit n’est autre que le feu enté sur le minéral cubique de la maîtrise suprême régissant l’univers. Cet “esprit” issu du soleil réduit et inhibe la matière. Tout ceci n’est que le travail “initial”. Initial est ici à prendre au sens étymologico-symbolique, à savoir: Initial, qui commence aussi après avoir vécu l’initiation, l’ouverture, la re-naissance, la clarté. L’art d’alchimie n’est jalonné que d’ombres et de clartés.

 

“Seuls les dieux franchissent des arcs en ciel”.

Nous qui ne sommes que des humains, nous devons marcher sur la terre et en accepter la dureté: la terre est sèche, immobile, mais lorsqu’elle bouge, elle est terrifiante. C’est dans l’air que sont les dieux : l’air est léger, mobile mais aussi tempête. C’est l’eau transformée en air qui fait l’arc en ciel ; l’eau est fluide, comme le temps, mais elle est aussi débordement. Comment “franchir” un espace sans le feu qui est mouvement, énergie, mais aussi destruction ?

Nous sommes tout cela.

En RELIANT notre terre, “assoiffée mais fertile” (notre corps, lourd comme la terre) à l’eau (l’irrationnel du jour et de la nuit des rêves), à l’air (avec l’humour de la langue des oiseaux et des synchronicités), et au feu (l’amour qui fait se mouvoir le monde), nous deviendrons unifiés.

Comment faire pratiquement ?

C’est en vous que cela se pratique :

  1. le jour : être éveillé : par la respiration consciente qui évite le vagabondage mental, afin de décrypter les événements parce qu’il nous arrive ce qui nous ressemble. Si nous pensons pouvoir rejeter quelque chose, cela nous retombera dessus au moment où nous n’y prêterons pas attention.
  2. regarder nos rêves de la nuit comme ils sont : porteurs d’un message pour nous ou les autres, clefs qui ouvrent les portes de l’aventure.
  3. laisser s’épanouir  nos possibilités enfouies sous des masques : hérédité, éducation, société, derrière lesquels nous nous protégeons.
  4. l’Alchimie nous aide à nous RELIER à cette part inconnue en nous qui n’est autre que le problème de l’intégration du mal, (origine du mot “maladie”). Nous ne pouvons RIEN pour changer les autres ; nous ne pouvons que changer nous-mêmes. C’est en changeant nous-mêmes que nous changerons les autres.
  5. ce qui est vivant en nous est vivant en chacun. N’étouffons pas cette étincelle par peur, car la peur est une création de notre esprit (son côté négatif).

Plante un brin d’OSIER dans ton jardin (“Ose” y est !).

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